MON JOURNAL EST UNE PEINTURE, film sur Thésou Thabuis Peintre à Faverges



Film de Pierre Delnieppe et Philippe Blanchard 

Les membres de l’Atelier Nautilus et Pierre Delnieppe se sont réunis dès le printemps 2017 dans la maison de Daniel Thabuis à Chancobert pour produire un film-documentaire « Mon journal est une peinture » qui a pour thème une grande artiste méconnue Thésou Thabuis.

« MON JOURNAL EST UNE PEINTURE »

https://youtu.be/0EGYBbTvJrQ

Depuis 2014, l’Atelier Nautilus réalise la promotion des travaux de l’artiste Thésou Thabuis disparue en 2011. L’idée de ce projet est née grâce à la rencontre lumineuse avec Daniel Thabuis, son dernier époux qui nous a autorisé l’accès à l’ensemble des œuvres de l’artiste et de les utiliser.
Nous nous sommes interrogés comment valoriser ce travail confidentiel accompli dans une totale indifférence de ces concitoyens dans un chalet d’alpage au-dessus de Faverges. La première conclusion a été de montrer une sélection des 5000 peintures effectuée sur des exemplaires du Dauphiné Libéré reproduisant des fleurs, fruits, natures mortes, femmes, paysages de montagne et motifs non figuratifs sortis de son imaginaire… sa production est d’une grande richesse et si elle n’est pas pour certains oblitérée « Art contemporain », elle est d’une grande actualité qui interroge sur la liberté, la beauté et la justice. Lorsqu’elle peint les femmes voilées africaines, c’est une interrogation sur la maternité sacralisée mais aussi la féminité torturée, voilée, il y a tout d’un coup irruption d’un traumatisme face à la violence conjugale de l’homme ! Elle s’isole dans la montagne qui va devenir son refuge.
A partir de 1995, grâce à un nouvel amour, son art reprend tout de la magie, les couleurs sont vives, et reproduit avec passion la nature qui l’entoure. Elle semble se réconcilier avec son passé ou retrouver les motifs des tissus imprimés des soieries de Lyon, elle dessine les choses banales d’une manière originales et les multiplie à l’infini. Le support du papier journal est une trouvaille « concrète » et chaque pliure participe à l’étrangeté et à la profondeur de l’œuvre ; C’est une messe, un rituel, chaque jour elle reproduit son environnement pour le sublimer.
Avec Daniel, nous avons construit une réflexion sur la diffusion des peintures de Thésou Thabuis et c’est ainsi que nous avons commencé à les exposer à l’école primaire de Viuz, à l’école de musique de Faverges, à la Médiathèque de Faverges et devrait être prochainement dans des galeries d’Art privées à Genève et Paris. Une des approches a été de choisir des images de Thésou Thabuis pour des pochettes de CD, notamment celle du Prix Russolo (2014, 2015, 2016-2017), du premier album de Théo Martelet et du « Bruit de la neige » du Nautilus (2018). Il s’agissait de créer des multiples des œuvres originales et les possibilités de faire connaitre les œuvres à l’international ce qui a été plutôt une réussite. Enfin, localement, nous avons utilisé les peintures de Thésou Thabuis pour réaliser de très belles affiches pour le Salon des Collectionneurs de l’association Histoire et Patrimoine ainsi pour le Festival le Bruit de la neige.
Le but de l’Atelier Nautilus n’est pas seulement une affaire de promotion d’une œuvre d’Art mais plutôt de donner du plaisir au regard et à l’esprit qui analysera la profonde recherche du discours de Thésou Thabuis pour qu’elle devienne connue et reconnue par le public et non artiste oubliée comme aujourd’hui. Ce film commencé en 2017 de Pierre Delnieppe et Philippe Blanchard est un témoignage pour les générations futures.




Biographie Thésou Thabuis
Thésou Thabuis est née Verger le 18 mai 1932 à Lyon dans le 2ème à Lyon.
1946 : Elle rentre à 14 ans à l’école des Beaux-Arts de Lyon et y reste 5 ans. Son talent n’est pas une surprise pour ses professeurs puisqu’elle descend par sa mère des Mainardi, grande famille de peintres italiens de la renaissance.
1950 : Elle se marie à 18 ans avec Jacques Rolandey, la même année elle a un enfant, Pierre.
1951 : Elle sort Major de l’école des Beaux- Arts et vient habiter avec son époux à Annecy chez ses beaux-parents. Elle exerce plutôt des petits boulots notamment dans une carterie, poterie...
1952 : Naissance de Jacques.
1953 : Elle décide de partir en Côte d’Ivoire avec son mari. Elle est secrétaire de Direction de  la concession de Renault à Abidjan. Elle décide de passer son diplôme de Sténotypiste, elle obtient la mention très bien et le record de mots frappés qui lui permettra de rentrer à l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire.
1965 : Le couple revient avec leurs 2 enfants à Ramponet (Menthon-saint-Bernard) pour s’installer dans une petite maison. Elle enchaine des petits boulots du fait de son anorexie.  Raphaël nait en 1968 et David en 1970, elle a des problèmes de santé qui la handicaperont jusqu’à la fin de sa vie (thrombose oculaire et névralgie faciale). Avec son mari, ils démarrent un élevage de bergers allemands.
1969 : Elle fait la connaissance de Michel Mollard, ébéniste qui devient un ami du couple et leur indique une maison isolée au milieu de bois à Chancobert sur le massif de la Motte à Faverges où ils pourraient continuer leur activité sans nuire au voisinage.
1972 : Le couple se sépare et Thésou s’installe définitivement à Chancobert où elle gagne sa vie en vendant des chiens. Elle obtient de nombreux prix qui sont toujours affichés sur la cabane en face de la maison. L’élevage devient réputé. Elle élève seule ses enfants.
Au début des années 80, alors qu’elle n’avait plus touché à un pinceau depuis la sortie de l’école des beaux-arts, elle peint du figuratif, des nus, des portraits, des fleurs, des paysages… Elle participe à de nombreuses expositions en Haute-Savoie, Conflans, Toulon et Lyon.
1995 : Elle rencontre Daniel Thabuis, conducteur de travaux à l’office national des forêts et moniteur de ski qui lui fait arrêter son élevage de chiens pour qu’elle consacre plus de temps à son Art et au repos du fait de son état physique qui se dégrade.
1997 : Elle se marie avec Daniel et son nom d’artiste devient Thésou Thabuis. C’est à ce moment-là que l’idée lui vient de peintre sur du papier journal. Elle est complètement conquise par ce qui sera sa révolution artistique, une avalanche de couleurs, de formes. Le style devient personnel. Elle découvre dans son petit atelier au premier étage que les pages du Dauphiné Libéré retiennent aussi bien qu’une toile de lin, la lumière d’un visage, la beauté d’un paysage de montagne, l’étrangeté d’un sous-bois, l’abstraction des formes .... Avec ce papier journal qui permet un travail de support-surface, elle franchit les frontières et exprime à travers des papiers remplis de gouache de couleurs vives, la révolte de la femme oppressée qu’elle fut et le miracle du nouvel être aimé !
Elle va vivre heureuse avec son mari et sa foi retrouvé dans cette nature, isolée du monde extérieur qui lui permet d’atteindre son moi intérieur. Dans son atelier, au premier étage de leur maison, on trouve une bibliothèque avec plus de 300 livres sur la peinture classique et moderne.
Sur sa table de travail, on trouvera une lettre manuscrite adressée à Marie, elle s’adresse directement à elle en lui déclarant sa passion pour une femme qui a été peinte par les plus grands artistes, Thésou cite une toile de Raffaello Sanzio (1505) où la Madonna tient son fils avec la campagne d’Urbino en fonds. Elle se moquait aussi bien des conventions de la société que de l’Art contemporain « officiel » et s’amusait ainsi parfois à dessiner des nounours pour ses enfants dans une veine d’Art Brut et de reconstruction personnelle.

Jusqu’à son décès, elle va peintre 1500 peintures, sur du papier Kraft pour les grands formats, et le journal du Dauphiné libéré pour les petits formats d’un journal plié en deux. En 1999, Elle réalise une cinquantaine de dessins sur les femmes africaines voilées qui seront son chef d’œuvre.
Elle se suicide le 24 novembre 2011, ne supportant plus la lumière et son état physique.















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